Engagé dans la phase finale du Championnat d’Europe 17 ans au Liechtenstein, l’entraîneur national Guy Ferrier évoque sa sélection et le cheminement qui l’a conduit jusqu’à l’Euro.

Quelle est l’origine de cette sélection ?
Tout a commencé il y a deux ans avec une première observation des joueurs lors de la phase finale de l’ancienne Coupe Nationale des Ligues 14 ans. Il y a eu ensuite un premier brassage au mois d’août avec deux premiers matches face au Pays de Galles.
L’équipe a vraiment débuté son parcours lors du Tournoi du Val-de-Marne ?
Effectivement. On avait terminé à la deuxième place et depuis, l’effectif a un peu changé, même si l’ossature est restée identique. Au fil des mois, de nouveaux éléments se sont greffés pour étoffer et renforcer l’effectif. Lors de cette première année en 16 ans, on a joué 18 matches avec 14 victoires et 4 défaites comme résultats en marquant une quarantaine de buts. Aucun match nul, ce qui reflète le caractère de cette équipe. Durant cette période d’apprentissage, on a remporté l’Aegean Cup en Turquie. L’osmose entre les joueurs a été réussie, ce qui nous a permis d’enchaîner sur cette deuxième saison 2009-2010 avec la qualification pour le Championnat d’Europe en deux étapes avec le premier tour européen en Estonie puis le tour Elite pour finir en Ligue du Centre-Ouest.
Comment s’est passée le reste de cette saison ?
Bien dans l’ensemble. On a gagné la Toto Cup en Autriche et remporté de nombreux matches, mais nous avons aussi connu la défaite. On s’est créé de nombreuses occasions mais avons péché parfois dans la finition. On l’a vu au tour Elite où il a fallu cravacher pour se qualifier lors du dernier match face aux Gallois (4-0).
Quel est l’état d’esprit de l’équipe ?
On n’a pas de souci avec cette équipe-là. Elle a des ressources et un très bon mental de compétiteur. D’ailleurs, nous avons souvent gagné dans le temps additionnel, c’est un signe. Le DTN Gérard Houllier a demandé aux entraîneurs nationaux de faire jouer vers l’avant et on est resté dans cette ligne en marquant beaucoup de buts. C’est un état d’esprit à inculquer. A cet âge-là, les résultats sont de moindre importance. Lors de la première année, la priorité n’est pas donnée aux résultats. Les jeunes sortent de leur petit milieu et découvrent le niveau international. Il a fallu qu’ils s’habituent à ses exigences, apprennent à souffrir et à se confronter à des joueurs de très bon niveau. C’est ce qu’ils ont fait avec beaucoup d’intelligence.
Certains jeunes sont attirés par l’étranger…
C’est un souci. Nous avons eu, par exemple, Paul Pogba parti à Manchester United. Quoi que l’on dise, je constate qu’il n’a pas plus progressé que ses coéquipiers restés en France. Avant de partir, il faut finir sa formation, c’est ce qu’on leur répète à longueur de saison. Malheureusement, des agents leur font tourner la tête. Notre intérêt est de les aider pour éviter qu’ils fassent n’importe quoi. Hormis ces petits soucis, c’est un plaisir de travailler avec ces garçons à l’écoute. Ils expriment de la joie et du plaisir sur le terrain.
Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Pour moi, c’est aussi très enrichissant. Cala a été une belle aventure. Normalement, le cycle s’arrête et je devrais, en principe, me diriger vers les sélections de jeunes féminines la saison prochaine. Mes activités à la DTN concernent également le développement du football féminin et je vais donc être affecté aux sélections féminines.
Un mot sur les amicales d’éducateurs ?
Elles sont très importantes et sont souvent animées par les CTD et CTR. Elles constituent un bon relais avec la base. Je vais, de temps en temps, dans les amicales pour des réunions-débats à l’issue desquelles je remets quelquefois le Trophée Georges-Boulogne. Cette une belle récompense pour les éducateurs et amicalistes méritants.
Hervé GALAND
* La sélection s’est finalement hissée jusqu’en demi-finales à l'Euro disputé au Liechtenstein.
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