LE BENEVOLE EN DANGER

01/05/2018

Le bénévole (activus bénévolus ) est un mammifère bipède qu’on rencontre surtout dans les associations où il peut se réunir avec ses congénères : les bénévoles se rassemblent à un signal mystérieux appelé « convocation ». On le rencontre aussi en petit groupe dans divers endroits, quelquefois tard le soir, l’œil hagard, le cheveu en bataille et le teint blafard, discutant ferme sur la meilleure façon d’animer une manifestation ou de faire des recettes supplémentaires pour boucler son budget.

Le téléphone est un appareil qui est beaucoup utilisé par le bénévole et qui lui prend beaucoup de temps, mais cet instrument lui permet de régler les petits problèmes qui se posent au jour le jour.

L’ennemi héréditaire du bénévole est le « Yaqua » (nom populaire) dont les origines n’ont pu être à ce jour déterminées : le Yaqua est aussi un mammifère bipède, mais il se caractérise surtout par un cerveau très petit qui ne lui permet de connaitre que deux mots « Y a qu’à » ce qui explique son nom.

Le « Yaqua » bien abrité dans la cité anonyme, attend. Il attend le moment où le bénévole fera une erreur, un oubli, pour bondir et lancer son venin qui atteindra son adversaire et provoquera chez celui-ci une maladie très grave « le découragement ».

Les premiers symptômes de cette implacable maladie sont visibles rapidement : absences de plus en plus fréquentes aux réunions, intérêt croissant pour son jardin, sourire attendri devant une canne à pêche et attrait de plus en plus vif  qu’exercent un bon fauteuil et la télévision sur le sujet atteint.

Les bénévoles décimés par le découragement risquent de disparaitre et il n’est pas impossible que dans quelques années on rencontre cette espèce uniquement dans les zoos où, comme tous ces malheureux animaux enfermés, ils n’arrivent plus à se reproduire.

Les « Yaqua » avec leurs petits cerveaux et leurs grandes langues, viendront leur lancer des cacahuètes pour tromper l’ennui, ils se rappelleront avec nostalgie du passé pas si lointain où le bénévole abondait et ou on pouvait le traquer sans contrainte.