REPOS ET DÉSADAPTATIONS PHYSIQUES : Thierry MAQUET

27/05/2019

A l’approche des vacances, de nombreux sportifs et entraîneurs s’interrogent sur les effets positifs et négatifs exercés par une période de repos pourtant bien méritée. On est intuitivement capable d’expliquer qu’un arrêt de l’entraînement va permettre aux différentes structures et systèmes de l’organisme de se régénérer. On s’accorde sur une décompression psychologique et nerveuse salvatrice. Mais, dans le même temps, on se demande si ce repos ne va pas aboutir à des désadaptations qui feraient perdre le bénéfice des acquis.

  • Quels sont les effets du repos sur les adaptations des principales qualités physiques ?
  • Au bout de combien de temps y a-t-il désadaptation ?
  • Comment entretenir ce qui a été gagné grâce à l’entraînement ?

 

Filière aérobie, épreuves de longue durée :

C’est le premier système a être affecté par un arrêt des sollicitations. On assiste à une diminution significative des stocks de glycogène et de l’activité enzymatique après deux semaines de repos. Les valeurs de référence vont baisser (VO2max, VMA) et de façon plus sensible encore le seuil anaérobie et l’endurance max aérobie (capacité à maintenir un pourcentage élevé de VO2max sur une longue durée).

Des chercheurs Américains ont mis en évidence que la diminution de l’intensité de l’entraînement était le paramètre le plus sensible à la désadaptation comparé à la durée et à la fréquence des séances. Après 10 jours d’arrêt, un ou deux entraînements courts et intenses de type fartlek[1] semblent particulièrement indiqués. La pratique du foot bike apparaît également comme une alternative judicieuse pour les coureurs car elle permet une entretien physique tout en diminuant les contraintes sur les appareils ostéo-articulaire et musculo-tendineux.

 

Filière anaérobie

L’activité des enzymes de la glycolyse anaérobie varie peu pendant les 4 premières semaines d’arrêt. Par contre la capacité de l’organisme à fournir un effort malgré la présence de déchets métaboliques diminue plus rapidement.

Pour entretenir les acquis, la pratique d’un sport collectif différent deux fois par semaine comme le rugby, le hand ou le foot dans le sable constitue un dérivatif ludique, efficace et souvent de circonstance.

 

 

Force et vitesse

La vitesse dépend en partie de la force. Les qualités d’explosivité sont globalement moins rapidement affectées par le repos. Une étude Américaine rapporte que des individus ont été capables de maintenir le niveau de force acquis après travail grâce à une seule séance hebdomadaire pendant douze semaines. On pourra néanmoins entretenir l’explosivité par des activités comme le beach-volley.

 

Souplesse :

C’est une qualité que l’on perdra assez rapidement si on ne l’entretien pas. Heureusement le travail de la souplesse ne nécessite pas d’effort et de fatigue. Il faudra donc s’habituer à saisir la moindre occasion, particulièrement lorsque les muscles sont froids, pour prendre et maintenir des positions d’étirement.

 

Coordination, apprentissage moteur :

La motricité sportive se compose de gestes de base et de coordinations plus ou moins complexes qui réclament finesse et précision. D’une façon générale, un geste qui a été appris et fixé par un long apprentissage et de nombreuses répétitions est moins sensible au désentraînement.

Lors de la reprise, le travail de la technique sera logiquement couplé à la préparation physique, particulièrement chez les jeunes. En attendant,  les sports de glisse comme le surf ont un effet bénéfique sur la proprioception.

 

[1] Course avec changements d’allures permettant de solliciter l’ensemble du registre énergétique propre aux efforts de durée.