Le  »faire play »

11/04/2018

Il est captivant de voir les jeunes footballeurs se lancer dans la compétition sportive. Plusieurs éprouvent une fascination à devenir champion. Ils rêvent d’avoir une médaille d’or, une coupe du monde entre les mains ! Toutefois, certains sont prêts à utiliser tous les moyens pour y arriver. Le dépassement de soi et des adversaires fait trop souvent place au dépassement des règles et de l’éthique sportive. Le débordement constaté chez les acteurs (éducateurs. Joueurs et dirigeants) du match s’observe aussi chez les spectateurs. Ainsi, le jeu sportif semble prendre l’allure d’une puissante catharsis pour certains partisans et parents de joueurs qui assistent aux matchs. Alors que, pour d’autres, il devient davantage un déclencheur ou un prétexte aux comportements violents.

En même temps, le football est présenté par ses défenseurs, ses promoteurs comme une activité aux valeurs éducatives, un lieu d’accès à la morale qui conduit à l’apprentissage des valeurs associées à l’esprit sportif.

Les promoteurs du foot annoncent fréquemment que leur activité permet aux jeunes d’accéder à des valeurs liées au mode de conduite telles que travailler fort, aider et respecter les autres, avoir de la discipline, ou à des valeurs rattachées à un objectif de vie telles que mener une vie trépidante et être en bonne santé. Une valeur est définie ICI comme une conviction profonde et relativement durable quant à la supériorité d’un mode de conduite ou d’un objectif de vie. Peut-on accéder aux grands honneurs et adopter les valeurs éducatives annoncées par le foot ‘? En fait, le foot et la violence semblent se courtiser de manière inquiétante. Si bien que la violence est souvent associée aux blessures subies par plusieurs adeptes au cours de la pratique de leur activité sportive préférée.

Ainsi, le jeu sportif semble prendre l’allure d’une puissante catharsis

Traditionnellement, au foot, les points accordés aux équipes en vue de couronner l’équipe championne de la saison régulière sont uniquement attribués selon le résultat du match : la victoire procure 4 points à l’équipe gagnante, un match nul ne donne que 2 points à chacune des équipes et une défaite vaut 0 point pour l’équipe perdante. Faut-il adapter les règles, accorder des points de « bonus » à ceux qui se comportent bien et, à l’inverse, sanctionner par des points de « malus » ceux qui ne correspondent pas à l’esprit du sport ? Les sanctions financières alourdissent les budgets des clubs. Ne pourrait-on pas directement condamner financièrement le joueur plutôt que le club ? Ce sont de vastes chantiers, qui méritent réflexions.

 

Ce type d’analyse est utile, mais comporte certaines limites. En effet. il ne s’agit pas d’un processus qui tient compte des transgressions réalisées par les joueurs, mais seulement celles pénalisées par l’arbitre. Au cours d’une même partie, il est possible que les arbitres modifient les critères menant à la décision de décerner ou pas une punition. La majorité des études réalisées à l’égard des comportements d’agression en sport, utilisent des mesures indirectes pour faire état de ce phénomène.

 

Ces résultats représentent des aspects intéressants, mais témoignent seulement d’une partie de la réalité. Les conclusions de ces études renseignent sur les infractions vues et sanctionnées par l’officiel du match. Mais durant le jeu, en survient-il davantage’? D’autres acteurs du match participent aussi à la dégradation des fondements de ce jeu. L’observation directe en milieu naturel a donc été retenue ici pour refléter le plus justement possible la réalité du jeu. Peu de programmes destinés à améliorer la sécurité au cours de la pratique d’activités récréatives ou sportives ont fait l’objet d’une évaluation systématique. L’action « Educateur Football Franc jeu » est un de ces projets qui apportent donc un éclairage nouveau au problème de l’évaluation du programme de lutte contre la violence et les incivilités.

 

Un outil de réflexion à tous ceux qui réfléchissent, imagine le football de demain. Il est évident que certaines choses doivent changer. Mais restons dans le domaine de l’éducateur. Il s’agira pour l’éducateur de mettre en place une didactique, une pédagogie orientée vers l’acquisition d’une « réelle intelligence situationnelle » reposant sur une constante adaptation de la situation rencontrée. Vous devez, semble-t-il, vous orienter vers une méthode d’apprentissage qui mets le joueur au cœur de vos préoccupations de jeu. Lors de vos séances d’entrainement vous devrez rechercher des situations vous permettant de représenter le jeu afin de vous rapprocher des conditions réelles. Vous le faites déjà me direz-vous’? Et bien je n’en suis pas si sûr !

 

MOTIVATION, COMPETENCE, AUTONOMIE, APPARTENANCE.


Si l’éducateur souhaite vraiment produire un impact sur la motivation des joueurs, il devra suivant les théories de l’évaluation cognitive, faire en sorte d’influencer les perceptions de COMPETENCE, D’AUTONOMIE, D’APPARTENANCE.Car d’une part ses situations jouées arrivent souvent en fin d’entrainement comme une récompense. Alors que là on vous demande d’avoir une démarche d’identification, d’appropriation, de réalisation, d’adaptations des jeux proposés à travers desquels se développent les capacités du joueur, ses potentialités d’adaptation et d’anticipation. Aussi, il est clair que le jeu dans toutes ses dimensions, dans toutes ses adaptations représente l’axe central autour duquel peut s’élaborer et se développer l’apprentissage du joueur. Car n’oubliez pas, vous êtes le guide du joueur et non le coach qui forme simplement une équipe pour gagner. En outre le jeu reste le plus sur garant de l’expression du plaisir, d’émotions éprouvées et partagées par le joueur lors des entraînements.

Henri REGOURD

Vice-président AEF77 sud