LE POINT DE COTE

12/09/2018

Le point douloureux parfois ressenti au niveau de l’abdomen à l’occasion d’un effort est communément appelé « point de côté ». Ses origines sont diverses et peuvent être identifiées en fonction d’une localisation plus exacte de la gêne. Qu’il soit situé à droite, à gauche ou au milieu, la compréhension de cette douleur nous renvoie à un éclaircissement particulier des réactions de notre organisme face à l’effort physique mais également à la façon dont les individus s’investissent dans leur activité.

 

La pratique d’une activité physique mobilisant un pourcentage important de la masse musculaire s’accompagne d’une augmentation substantielle de la dépense énergétique à laquelle l’organisme répond principalement par une élévation de ses débits respiratoires (consommation d’oxygène) et circulatoire (transport de l’oxygène et des nutriments).

L’accroissement du débit respiratoire est obtenu par une activité plus importante du diaphragme (muscle sous les poumons qui est en grande partie responsable des mouvements permettant l’inspiration et l’expiration). Comme pour les autres muscles non préparés à l’effort, l’augmentation brutale, intense et prolongée de l’activité du diaphragme peut se traduire par des crampes qui provoquent une douleur plutôt située dans la partie centrale du thorax. La douleur peut également être projetée au niveau des clavicules.

 

Par ailleurs, l’augmentation du débit de la circulation sanguine est destinée à répondre aux besoins des muscles qui travaillent. Lorsqu’il s’agit des muscles du train inférieur, la circulation veineuse fait remonter le sang vers le cœur en passant par le foie (à droite) et la rate (à gauche). Un afflux de sang trop brutal au niveau de ces organes peut les rendre douloureux et être responsable des points ressentis à droite ou à gauche sous les côtes.

Enfin, les points de côté sont parfois dus à des conflits circulatoires lors d’efforts réalisés pendant la digestion. Ici, l’afflux de sang en direction des muscles sollicités se heurte à la mobilisation de la masse sanguine nécessaire à l’activation des processus digestifs. Le manque de sang (ischémie) au niveau du tube digestif engendre des douleurs dans la région de l’estomac.

 

L’ensemble de ces problèmes peuvent se superposer et provoquer des douleurs à plusieurs endroits simultanément. Néanmoins la gêne s’estompe assez vite après l’arrêt, ou simplement le ralentissement, de l’activité. Si l’on a toujours mal au repos, plusieurs hypothèses peuvent être avancées : inflammation d’un nerf intercostal, problèmes d’origine cardiaque, vasculaire ou pulmonaire. Le bon sens invite alors à la consultation d’un spécialiste afin de tirer l’affaire au clair.

Pour autant, le sportif ne doit pas subir cette douleur comme une fatalité. Pendant la pratique, un massage appuyé en passant les doigts sous les côtes à l’endroit de la gêne et une diminution de l’intensité de l’effort devraient déjà apporter un soulagement appréciable. En amont, un repas facile à digérer, le respect de la règle des 3 heures nécessaires à la digestion, et une entrée progressive dans l’activité permettent souvent d’éviter ce genre de problèmes.

Enfin sur le long terme, un entraînement adapté et une bonne condition physique sont les garants d’un meilleur dosage de son investissement au regard de ses possibilités du moment.